Lors de la réunion des délégués du personnel du 20 janvier 2020, la CGT a fait lecture de la déclaration ci-contre malgré l'incrédulité de la direction de GFF et DELCLIM !
Depuis plus d’un mois, notre pays est plongé dans un conflit social majeur. La grande majorité des salariés du privé et du public, les retraités, les privés d’emploi, les étudiants expriment leur ferme opposition à la destruction massive de notre système solidaire de retraite par répartition voulue par le patronat et portée par le gouvernement.
Le gouvernement, par la voix de son Premier Ministre, a confirmé et aggravé les propositions contenues dans le rapport dit Delevoye visant « à mettre à sac » notre régime solidaire de retraite par répartition.
Les objectifs affichés sont clairs. Il s’agit de faire travailler plus longtemps tous les salariés du privé et du public avec, au bout du bout, au nom du sacro-saint « coût du travail » une retraite de misère obligeant ceux qui le pourront à opter pour la capitalisation à la grande satisfaction des lobbies de la finance.
Pire encore, alors que nous sommes dans une période de renouvellement important des générations, notamment dans notre branche de la métallurgie, le gouvernement entend pousser l’individualisme à son paroxysme et sacrifier notre jeunesse. De quel droit, au nom de qui et de quelle morale pourrions-nous accepter d’hypothéquer la retraite de nos enfants et petits-enfants ?
Evidemment seuls vos représentants, MEDEF en tête, sont satisfaits des orientations du gouvernement. Nous sommes au cœur d’un conflit social où l’enjeu est le choix de société que nous voulons pour notre pays.
La CGT, une fois encore, ne se contente pas de s’opposer à la destruction de notre système solidaire de retraite. Nous faisons des propositions pour l’améliorer pour toutes et de tous et en particulier pour assurer le financement sur le long terme d’une retraite permettant à chacun de vivre décemment selon ses besoins.
Ainsi par exemple, une augmentation de la cotisation retraite de 0.4% (répartie à 60/40 entre l’entreprise et le salarié) permettrait d’assurer une retraite à 60 ans avec 75% du dernier salaire tout en validant les années d’études. Pour illustrer notre propos, prenons un salaire de 1.500 euros : une telle augmentation représenterait 3.6 € pour l’entreprise et 2.4 € pour le salarié.
Nous le savons ici, si nos régimes sont affaiblis, c’est dû aux politiques successives répondant aux exigences patronales d’exonération de cotisations sociales, de blocage des évolutions de salaire, de suppressions d’emplois ou encore de non-respect de l’égalité professionnelle.
Dans les entreprises de la métallurgie, nous ne sommes pas en dehors de ce dispositif de casse. Depuis quatre ans dans la négociation nationale du nouveau dispositif conventionnel, vos représentants patronaux à travers l’UIMM sont à la manœuvre sur tous les thèmes pour raboter nos garanties collectives, augmenter le temps de travail ou encore refuser de prendre en compte la pénibilité. Ils sont à la manœuvre pour vous décharger de vos obligations en matière de protection sociale, bloquer les déroulements de carrière, supprimer la prime d’ancienneté, tout cela pour, à terme, baisser la masse salariale de la branche avec pour conséquence le renforcement du déséquilibre financier de notre sécurité sociale.
La pérennisation et l’amélioration de notre système solidaire de retraite est possible par une autre répartition des richesses !
Quelques chiffres pour G.F.F sur 5 années :
- Dividendes : plus de 32 millions d’€uros !
- « Management fees » : 2 280 000 €uros !
- Allègements de cotisations sociales : 2 830 000 €uros !
C’est inacceptable !!
Dans ce mouvement social, les métallurgistes, partout dans notre pays, prennent toute leur part et se mobilisent autour de leurs revendications : l’emploi, l’augmentation des salaires, l’exigence d’une Convention Collective Nationale de haut niveau social, la prise en compte de la pénibilité au travail au travers de départs anticipés financés par une mutualisation au niveau de la branche et une réelle politique de prévention des risques et d’amélioration des conditions de travail et encore une retraite décente …
La CGT est depuis toujours aux côtés de celles et ceux qui luttent au quotidien pour améliorer la vie des salariés, les seuls créateurs de richesses dans notre pays, à G.F.F et à DELCLIM il en va de même !
